Seuls 74 % des décideurs IT français s’estiment prêts
Delinea a publié son rapport annuel : « Uncovering the Hidden Risks of the AI Race ». Les chiffres de ce rapport révèlent qu’alors que l'adoption de l'IA explose, les entreprises françaises affichent une prudence qui contraste avec celle des autres pays interrogés. Ainsi, seuls 74% des décideurs IT français se considèrent prêts à l’adoption de l’IA à grande échelle, soit le taux le plus bas au monde. Derrière ce scepticisme se cache en réalité un avantage majeur, puisque ce réalisme a permis aux entreprises françaises de poser des bases techniques beaucoup plus solides que celles de leurs voisins plus optimistes.
Si les entreprises françaises sont les moins convaincues par leur propre maturité, elles devancent les autres pays pour ce qui est de l'hygiène numérique sur les accès critiques. Ainsi, elles sont les leaders mondiales de l'accès moderne puisque 34 % utilisent déjà des accès éphémères et du Just-In-Time (JIT), soit le 2e taux le plus élevé au monde. Cela constitue une parade efficace contre le vol d'identités.
Par ailleurs, la France affiche le taux d’accès permanent (standing access) le plus bas au monde pour les agents IA, avec seulement 25 %. De plus, ils ne sont que 76 % à croire pouvoir découvrir toutes les Identités Non Humaines (NHI) dans leur production (2e taux le plus bas mondialement), là où d'autres régions pèchent par excès de confiance.
Le rapport révèle une déconnexion totale entre l'usage de l'IA et la capacité à superviser les agents autonomes. Au niveau mondial, 51 % des organisations affirment que les environnements IA sont désormais le lieu privilégié où les failles d'identité persistent sans être détectées.
En France, la visibilité sur ce que font réellement les machines est au plus bas. En effet, seules 14 % des entreprises françaises peuvent expliquer pourquoi une identité non humaine (NHI) prend une décision. C'est le score le plus faible au monde, à égalité avec les régions les moins matures. 38 % des décideurs IT français désignent d’ailleurs explicitement les NHI comme leur plus grande lacune de visibilité actuelle.
Malgré cette opacité, 38 % des décideurs admettent découvrir des usages non autorisés d'IA ( Shadow AI) de manière fréquente ou régulière au sein de leur organisation.