Panique boursière pour IBM : l'IA va-t-elle détruire le Cobol ? Spoiler : non

Panique boursière pour IBM : l'IA va-t-elle détruire le Cobol ? Spoiler : non

Il suffit d'un post de Anthropic à propos de Claude Code pour semer une panique, animée par certains médias grand public et IT ainsi que par des commentaires de supposés experts. Et IBM chute lourdement en bourse : -13 %. Essayons d'y voir un peu plus clair sur cette panique qui n'en est pas une.

Le post en question est « Comment l'IA aide à casser le coût de la modernisation de COBOL ». COBOL est un langage historique qui existe depuis plus de 65 ans. Il est omniprésent dans les transactions bancaires. Par exemple, 95 % des transactions des distributeurs (DAB) sont gérées par des applications COBOL (et plus largement sur mainframe). Ce chiffre concerne les États-Unis, mais c'est pareil partout dans le monde ou presque. Des centaines de milliards de lignes de code COBOL sont exécutées chaque jour et des millions de nouvelles lignes sont créées et maintenues chaque année. Bref, toute une partie du monde financier et des administrations repose sur COBOL et, au-delà, sur l'ensemble des services mainframe.

Depuis 30 ans, on nous parle de migration, de replatforming, de modernisation. COBOL est un langage relativement simple, avec une syntaxe lisible et standardisée. Claude Code veut simplifier et aider à la modernisation du COBOL :

1 / générer des cartes de dépendances
2 / générer les flux que personne, ou presque, ne connaît
3 / identifier les risques qu'une équipe IT mettrait des semaines ou des mois à identifier
4 / fournir les éléments nécessaires à la décision

Oui l'IA est une aide mais n'est pas une solution miracle

Selon Claude, l'IA peut aider à moderniser en quelques mois des ensembles COBOL alors qu'il faudrait des années pour le faire. Claude Code a l'ambition de lire et d'introspecter le code COBOL et sa structure, d’identifier les points d'entrée, de tracer l'exécution, de comprendre les sous-routines, de générer les flux de données, de détailler les dépendances, etc. Une des difficultés de la modernisation est de cartographier les dépendances et les imbrications qu'elles génèrent.

« Ce sont précisément ces dépendances qui rendent la modernisation de COBOL risquée, d'où l'importance de la découverte automatisée : elle permet de détecter ces relations cachées avant qu'elles ne causent des problèmes lors de la migration », explique Claude.

C'est en retraçant le parcours complet des données qu'un outil comme Claude Code peut générer les diagrammes, les descriptions des pipelines, bref, définir le modèle de données.

Après cette phase préparatoire, l'IA peut évaluer composant par composant ce qui est peut-être déplaçable et modernisable sans risque.

Mais Claude ne dit pas que l'IA agira seule et sans contrôle : bien au contraire. Il faut que les experts COBOL / mainframe soient là pour valider les étapes et la planification de la modernisation. Il faut garantir une cohérence, notamment réglementaire (qui est souvent très forte). Une feuille de route doit être générée et approuvée.

L'IA propose des priorités en fonction des risques, des dépendances et de la complexité qu'elle a identifiés lors de l'analyse.

  • Votre équipe examine ces recommandations et décide des composants à moderniser en premier, en fonction de la valeur métier, du risque technique et des priorités organisationnelles.
  • C'est également à ce moment que votre équipe définit l'architecture cible, les normes de codage et les exigences d'intégration des composants modernisés.

Avant toute modernisation et migration de code, il faut que l'IA génère des tests pour vérifier que le nouveau code fonctionne exactement de la même manière, sans régression ni effets de bord.

« Des outils comme Claude Code peuvent automatiser une grande partie du travail d'exploration et d'analyse décrit, offrant ainsi à votre équipe la compréhension globale nécessaire pour planifier et exécuter les migrations en toute confiance.

Commencez par un composant ou un flux de travail unique, aux limites claires et d'une complexité modérée. Utilisez l'IA pour l'analyser et le documenter en détail, planifiez la modernisation avec vos ingénieurs, implémentez-la progressivement en effectuant des tests à chaque étape et validez-la avec soin. Cela renforcera la confiance de l'organisation et mettra en évidence les ajustements nécessaires à vos systèmes », explique le post officiel. Claude propose ainsi un playbook de modernisation.

En quelques heures, ce post d'Anthropic a suffi pour semer une panique boursière : IBM perdait 13 %. Certains ont annoncé la fin de COBOL, voire la fin d'IBM.

La bourse a réagi à cause du poids du mainframe pour IBM, mais cette panique ne devrait pas exister, car la modernisation de COBOL n'est ni nouvelle ni révolutionnaire. Des outils comme Claude Code peuvent aider à accélérer la modernisation et la migration du code COBOL, mais là encore, ce n'est pas une nouveauté.

Rappelons qu’IBM propose son propre outil IA de modernisation : watsonx Code Assistant for Z.

Ce que propose Claude Code n'est pas révolutionnaire, et les écueils de la modernisation ne sont pas levés : qualité de la migration, fonctionnement identique, connaissance des dépendances. Mais ce que Claude Code ne dit pas, c'est que seuls les codes COBOL sont pris en compte. Or, COBOL n'est qu'un élément de l'environnement mainframe. L'enjeu est aussi de savoir comment déprovisionner le mainframe.

Un média IT français, plutôt grand public, a même titré : « Claude a transformé la modernisation d'un langage zombie ! » COBOL n'est pas un langage zombie. Et contrairement aux affirmations que l'on peut lire, il y a toujours des développeurs COBOL formés chaque année.

Source : https://claude.com/blog/how-ai-helps-break-cost-barrier-cobol-modernization

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